Lacoste, des vitamines pour l'hiver
Coup d'envoi de la Fashion Week de New York, la semaine des défilés de l'automne-hiver 2006. Pour la première fois, la marque au crocodile y a présenté un prêt-à-porter d'hiver.
Parmi les quelque quatre-vingts créateurs qui défilent cette semaine à New York, certains labels américains font fureur outre-Atlantique. A l'inverse, le crocodile Lacoste, sous l'impulsion de Christophe Lemaire, fait partie des rares griffes françaises qui défilent avec succès à Manhattan. En fin de semaine, Karl Lagerfeld, très attendu, présentera pour la première fois sa ligne Lagerfeld Collection, propriété de Tommy Hilfiger.
Au tout début de cette Fashion Week, Christophe Lemaire, directeur artistique depuis cinq ans de la marque au crocodile, présentait pour la première fois une collection automne-hiver pour la griffe. «Lacoste est traditionnellement une marque d'été et nous la présentons ici chaque automne. Il a fallu une évolution dans l'héritage maison, aujourd'hui arrivé à maturité, pour présenter un prêt-à-porter d'hiver», explique le créateur dans la voiture qui l'emmène au show.
Sur scène, une réplique géante d'un ghetto blaster éclairé de néons vert acide donne le ton. L'hiver, selon Lacoste, allume de fluo le crocodile. Au son de l'album du groupe De La Soul Three Feet High and Rising, Christophe Lemaire explique ses choix. «J'ai voulu renouer avec l'énergie de ce hip-hop qui s'habillait d'un streetwear ultrafrais. C'était bien avant les vêtements oversized et les gourmettes en or. A l'époque, les artistes portaient même des Lacoste boutonnées jusqu'au col.»
La version 2006 lance sur le podium des garçons propres habillés de couleurs ultravitaminées, le pantalon cigarette prune et la Lacoste grenadine sagement portés sous une parka vermillon. La fameuse chaussure tennis devient rutilante en vernis orange Fanta, cassis Kréma ou vert pré. Alcantara, cuir perforé, alpaga – une matière traditionnelle de la marque, qui l'exploite au Pérou – s'accompagnent de mouton retourné, une nouveauté ici. Christophe Lemaire colorise le bitume de New York où son vestiaire streetwear contredit la grisaille. On y croise donc des filles colorées comme des Smarties, en knickers de velours ou minijupes montées sur bords côtes et boots soufflées comme des doudounes.
D'autres se réchauffent d'une robe pull en cachemire à col V barrée de couleurs. Allusion au chic du cricket, du tennis ou de l'uniforme de collège, les rayures défilent en turquoise ou rouge vif. Bref, le premier automne-hiver Lacoste mise sur un sportswear urbain aux tons vifs. «On n'a pas besoin de matière couture pour exprimer une certaine sophistication», ajoute Christophe Lemaire
